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Journal


13/02 2014

Danse avec les lieux

Une œuvre de Davide Balula, c'est toujours la promesse d'une alliance élégante entre plusieurs champs de l'art. Le Français, désormais installé à New York, a étudié les beaux-arts mais aussi la musique, la danse et les arts décoratifs. Autant dire qu'il dispose de plusieurs cordes à son arc. 


Récemment, il a ainsi conçu une performance au Centre Pompidou, où soixante personnes s'emparaient du temps en imitant le mouvement des aiguilles d'une horloge (The Endless Place, 2011), enseveli des toiles vierges in progress dans plusieurs tonnes de terre et d'eau, pour ensuite les convertir en tableaux (Buried Paintings, 2012), ou encore invité une gymnaste rythmique à interpréter, à l'aide de son ruban et devant des monochromes blancs incurvés, l'architecture organique du Guggenheim de Frank Lloyd Wright (Air Drawings of the Guggenheim Museum, New York, 2013).


Fusionnel 

À l'occasion de l'expo collective Des choses en moins, des choses en plus, qui ouvre aujourd'hui au Palais de Tokyo, la nouvelle performance de Davide Balula se déploie sur tout un étage du centre d'art et fait notamment halte, pour notre plus grand bonheur, au Point Perché. Pendant trois heures intenses, des danseurs transformés en sculptures vivantes in situ font corps avec le lieu, dans une chorégraphie conçue avec Carlos Soto, collaborateur régulier du génial Bob Wilson. Se déplaçant tout d'abord en sous-vêtements, ils enfilent ensuite des habits spécialement customisés pour le projet, et dont les couleurs monochromes reprennent celles de l'endroit où ils sont disposés (cimaises, murs, piliers, marches, sol). Très lentement, vêtus de blanc, noir, beige ou d'une fourrure reconfigurant le motif imaginé par Michael Riedel pour la plateforme du Point Perché, les danseurs épousent l'architecture, semblant parfois vouloir s'en émanciper. S'engage alors un corps-à corps fusionnel et poétique, en pleine lumière ou dans la pénombre, où l'esprit des lieux et les performeurs, devenus son double, s'aimantent dans un dialogue aussi sensuel que magnétique. Tout simplement magnifique!


Davide Balula, User des lieux comme des vêtements portés.
Les 13, 17, 27 février et 1er mars, de 16h à 19h.


Crédit photo : Davide Balula, The Endless Pace (Mechanical Clock for 60 Dancers), 2009, VIew from Performa, New York, Photo: Michael Strasser


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