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Journal


27/03 2014

Danton Eeprom, artiste du label InFiné à la Boiler Room au Point Perché

Interview à chaud après son live à la Boiler Room x InFiné au Point Perché

« Danton Eeprom », que cache ce drôle d’alias ?

Je m'appelle Julien. Julien est assez timide. Lorsque j'ai décidé de faire de la musique, il me fallait un alter ego qui pourrait faire ce que Julien n'oserait pas faire. Se faire appeler Danton, c'est être quelqu'un d'autre, c'est surprendre les autres. 



J'ai choisi Danton, parce que c'est un nom ancré dans l'histoire française, un truc made in France, presque couture. Et puis Danton est un personnage un peu controversé de la Révolution, un tribun aimé du peuple, mais pas forcément carré, comme Bernard Tapie. D’un autre côté, « Eeprom » signifie  « Electrically Erasable Programmable Read Only Memory » ; c'est le nom d'une mémoire qui est sur les synthétiseurs et les ordinateurs. Choisir ce nom, c'était rendre hommage à ces machines. 


Quel est ton rapport à la mémoire ?

Je glorifie les bons moments. C'est ma manière de continuer à vivre. Quand je sors de studio, quand je fais un morceau avec mes mains - je suis un artisan - j'aime m'en souvenir pendant longtemps ! Remplir ma mémoire de rushs comme ça, c'est le but de ma vie. 


Qu’est-ce qu’il y a de bon et de méchant dans ta musique ?

Je suis là pour les gens qui ont eu une journée difficile. Je les aide à se déconnecter de la vie réelle. Avec moi, ils peuvent exulter sans se soucier de rien et faire de jolies choses. Le côté méchant : c'est une musique assez sombre, déviante. Je ne fais pas de productions pour les boys scouts. Derrière mes platines, je déclenche des pulsions borderline.


Quelles images te viennent en tête en studio ? 

Lorsque j'ai fait le titre « Femdom », qui parle de domination féminine, j'avais à l’esprit des images de bondage, de latex, de cuir. Mais dans ce cas-là, je joue un rôle. Le temps d'un morceau, on devient une autre personne. Il faut arriver à se projeter. C'est dingue, la musique, c'est quelque chose qui ne se voit pas, c'est de l'air, et grâce à elle, on se propulse ailleurs. On est à la limite du rêve.


Ton dernier rêve, justement ?

Je dévale une pente extrêmement raide. Je suis en vélo, il n’y a pas de frein…Et tout d’un coup, je tombe dans le vide ! J’ai fait ce rêve plusieurs fois. Et à chaque fois, je suis content quand je me réveille. 


Crédit photo : Fabien Breuil


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