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Journal


24/04 2014

Michael Riedel, acte II

Le Point Perché célèbre aujourd'hui sa nouvelle peau! Après les milliers de "o", le mobilier  et les quelques mots entiers disséminés avec discrétion qui habillaient le sol et les murs de la plateforme du Palais de Tokyo depuis juillet dernier, l'Allemand Michael Riedel donne une suite logique à son «Jacques comité [Giacometti]» avec « Dual air [Dürer] ». 

Le lounge est désormais habité par le même système d'épaisses bandes de papier pliées, façon pop-up, et un nouveau mobilier. Le blanc et le noir, le design et le graphisme dominent toujours l'architecture, mais c'est cette fois la lettre "l" qui est à l'honneur. 


Style et communication

Cet univers épuré et stylé retranscrit en fait, en creux - comme c'était déjà le cas avec Giacometti pour la première version de l'installation -, une exposition temporaire récente d'un musée allemand, celle de Dürer au Städel Museum de Francfort. Figure montante de la scène internationale, représenté par les galeries David Zwirner, à New York, et Michel Rein, à Paris, Michael Riedel a toujours centré ses œuvres sur les modes de communication et d'information propres à la présentation de l'art, pour mettre à nu leur perception par le public et le sel de leur fabrication.

Perceuses et apostrophes

« Dual air [Dürer] », exposition de Dürer sans Dürer, reprend ainsi tel quel une partie de la scénographie du musée de Francfort - vitrines de présentation, socles et bancs  -, alors que les 3 219 "l", installés en un canevas aléatoire de courtes lignes noires, proviennent de la retranscription, par reconnaissance vocale, d'un enregistrement sonore de plusieurs heures pris lors du démontage de l'expo du maître allemand de la Renaissance. Michael Riedel a choisi d'isoler tous les "l" de cette bande son où le bruit des perceuses ponctuaient les dialogues et apostrophes des ouvriers entre eux, en plein labeur. Le périphérique du monde de l'art se transforme donc chez lui en œuvre d'art à part entière. Et l'artiste en a profité pour faire résonner encore un peu plus le nouveau lounge du Point Perché avec le quotidien du Palais de Tokyo, puisque les sons et bruits courants dans le centre d'art y sont aussi retranscrits en live. L'immersion ne pouvait pas être plus totale.


Vue de l’installation de Michael Riedel, « Dual air [Dürer] », Palais de Tokyo, 2014.

Photo : Aurélien Mole.

©The Absolut Company.

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