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07/05 2014

Michael Rakowitz : les Sumériens, les Beatles et Israël

Artiste engagé, l'Américain fait du bon avec le dramatique, entre géopolitique et culture pop

Right to the point #3 / Artists' Soapbox Series : Rencontre avec Michael Rakowitz

Des fac-similés de livres anciens n'ayant pas survécu au bombardement allié en Allemagne, taillés par des sculpteurs afghans dans les éclats de pierre des Bouddhas de Bâmiyân, après leur destruction en 2001 par les talibans, et présentés dans des vitrines. Résolument attaché au politique, au social, à la destruction et la survie des cultures, l'Américain Michael Rakowitz, à l'instar de cette installation présentée à la dernière Documenta de Cassel, était le troisième invité des conférences Right to the Point du Point Perché pour présenter les sources de ses œuvres - installations, sculptures, performances ou dessins -, autant influencées par les cultures anciennes que par Hollywood et les événements politiques majeurs des dernières décennies.


The Fab Four à Jérusalem

Surfeur inconditionnel sur Ebay, archéologue de la culture et défenseur d'un art militant, Rakowitz trouve aussi dans son propre ADN le fruit de son inspiration - il est juif américain d'origine irakienne. Ainsi de son projet The Breakup où il établit un parallèle entre la séparation des Beatles et le conflit au Moyen-Orient, juxtapose une pierre du Mur des lamentations et une autre venue du fameux Cavern Club de Liverpool, où le groupe a joué à maintes reprises, tandis que sur une carte de Jérusalem, McCartney représente Israël, Lennon l'Egypte, Starr la Jordanie et Harrison l'Irak.


Saddam Hussein et Dark Vador

De Leonard Cohen jouant pour les troupes israéliennes en pleine guerre du Kippour à la traductrice d'une télévision ukrainienne qui a refusé, pendant la Révolution orange, d'officialiser l'élection jugée frauduleuse de Viktor Ianoukovytch en langage pour sourds et malentendants, de Gordon Matta-Clark à l'influence supposée de Dark Vador sur Saddam Hussein, Michael Rakowitz tisse un lien passionnant entre géopolitique et culture pop.


Crédit photo : William DeShazer, Chicago Tribune

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