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Journal


15/12 2014

Du futur, faisons table rase : IZOLYATSIA en exil

Le Point Perché a accueilli, pour une rencontre exceptionnelle, IZOLYATSIA, Plateforme d’initiatives culturelles (Donetsk, Ukraine) dont l’activité et même l’existence sont menacés par la guerre. Depuis le 9 juin 2014, la fondation culturelle IZOLYATSIA fut saisie par les mercenaires de la « République populaire de Donetsk » afin, proclament-ils, de « faciliter l’aide humanitaire » en provenance de Russie. Dans le cadre des ALERTES mises en place par le Palais de Tokyo pour soutenir des lieux dédiés à l'art, c'est lors d'une journée et d'une soirée que le conflit à l’Est de l’Ukraine et la place de la culture en temps de guerre ont été mis en lumière.

 



À cette occasion, le Point Perché a été investi comme une plateforme d'échange, de rencontre et de débat où l'art et la création se retrouvaient au cœur des enjeux politiques. Un dispositif avec des écrans plats, des installations avec des interventions et des textes d'artistes permettaient de prendre connaissance de la situation au travers de documents et de témoignages.





D'envergure internationale, IZOLYATSIA est une fondation d’art non-gouvernementale fondée par Lubov Mikhailova en 2010 sur le territoire d’une ancienne usine d’isolation à Donetsk, en Ukraine. IZOLYATSIA hérite son nom de cette usine. Le nom reflète la mission de la fondation : préserver le patrimoine industriel tout en mettant en place simultanément des programmes alternatifs de développement social et culturel. IZOLYATSIA est un centre culturel pluridisciplinaire avec trois types d’activités : des projets in situ spécifiques pour échanger avec les communautés locales, des programmes éducatifs et le développement des industries créatives. Au cours des quatre dernières années, IZOLYATSIA a été à l’origine de plus de trente projets de grande envergure et de nombreux événements.





Lors de cette rencontre prenant la forme d'une conférence de presse, le Palais de Tokyo a souhaité donner la parole à Luba Michailova, fondatrice d’IZOLYATSIA, Anya Medvedeva, Directrice de la communication, et aux artistes Elise Florenty, Marcel Turkowski ainsi qu'à Rock Rowbotham, architecte. Désormais occupé, les équipes de ce lieu sont en exil pour continuer cette lutte afin de perpétuer une résistance à toute épreuve. «Être là, c'est travailler pour le futur » affirme Luba Michailova, fondatrice d'iZOLYATSIA afin d'expliquer la situation actuelle.

De par la complexité des enjeux locaux et mondiaux, IZOLYATSIA, au travers de ses équipes, est mis à rude épreuve et souhaite préserver le réseau institutionnel en place depuis plusieurs années.





Au travers de résidences d'artistes et d'oeuvres in situ, IZOLYATSIA représente un lieu d'envergure pour les artistes internationaux essentiel dans le paysage de l'art contemporain et des réflexions actuelles sur les liens entre art, histoire et société. Parmi les œuvres in situ, on peut nommer les interventions de Daniel Buren, de Kader Attia, de Pascal Martine Tayou.

Cet état de crise infiltre tous les champs intellectuels et créatifs. Il s'agit donc de trouver un nouveau cadre de travail pour les 5- 10 années à venir. La rencontre a mis en évidence la volonté de chacun à croire en à un système critique prônant le dialogue afin d'encourager l'ouverture des esprits au niveau local. 

« Nous espérons y revenir. Être en exil, en déplacement est autre chose, nous ne sommes pas des politiques mais nous sommes concernés par la situation » souligne un des intervenants. L'action au quotidien et le lien avec les artistes permettent de garder ce dialogue possible au niveau international afin de rester connecter à une réalité quoiqu'il advienne.


Crédit photo : le Point Perché