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Journal


09/01 2015

Born to be in Live

Ce soir là, au Point Perché, les artistes plasticiens se sont transformés en artiste de la scène. Avec ce projet intitulé The Art of the Listener, les artistes Cécile Paris, Dominique Gilliot et Lina Hentgen ont cherché à comprendre l’intérêt profond que nombre d’artistes contemporains développent pour la musique. Mettant en avant leur propre pratique musicale, cette soirée-concert élargie a permis de découvrir des approches personnelles tant musicales, visuelles que performatives.



Oscillant entre art, musique, performance, cette soirée-concert était répartie en trois temps-forts au Point Perché. Le premier temps-fort fut proposé par Cécile Paris et Frank Lamy avec une performance en guise d'introduction de la soirée. La page blanche d'un écran d'ordinateur est donnée à voir en projection. Cécile Paris et Frank Lamy, assis à une table, commencent à écrire des pensées, des mots en direct et en direction du public. Dialogues muets à la manière d'un DJ devenu auteur, chaque écrit est une invitation amusée et proclamée au spectateur afin de passer d'une dimension à une autre, du littéraire au performatif. 



Depuis plusieurs années, l'artiste Cécile Paris s'attache aux potentiels fictionnels de l'image et du son. Elle puise dans les formes dites populaires dans un véritable travail de reprise, au sens musical du terme. Entre le son et l'image, Cécile Paris travaille une écriture en image et le micro-récit qui s'épanchent au frottement de la rêverie personnelle. Elle créa Code de nuit, une œuvre d'art work in progress, un label, un laboratoire de recherche et d’observation qui inventorie des scénographies possibles, Code de nuit a pour objet d’investigation la boîte de nuit, à travers ses modèles et ses projections. Le temps de cette performance et en collaboration avec le commissaire d'exposition Frank Lamy, ce protocole d'échange a tenté de s'adapter à l'énergie et à capter l'ambiance du Point Perché. Reconstituant un dancefloor aux sonorités eighties, Cécile Paris a transformé le Point Perché en une scène où le spectateur devient le figurant et l’acteur d’une fiction.

Après cette première performance, l'artiste Dominique Gilliot se met derrière la table de mixage pour nous proposer un mix détonnant de musiques, de paroles et de gestes. 



Comme le précise l'artiste : « je raconte des histoires successives et fragmentaires où une multitude d’impressions s’encastre comme dans un dispositif plastique. J’aborde plusieurs terrains communs à tous, notamment la musique, les chansons, l’iconographie pop, à travers mon propre filtre et en utilisant des objets conçus comme des adjuvants (pied de micro, clavier…). Bien que je semble passer du coq à l’âne, la conjonction de coordination « et » me semble primordiale attendu que la succession d’impressions compose un ensemble à la logique décalée. Chacune de mes performances est unique, semi-improvisée. J’écris beaucoup et prépare le spectacle en amont mais je n’apprends rien par cœur, je ne suis pas actrice, et préfère plutôt élaborer un canevas à partir duquel j’improvise. C’est possible tant que je suis seule, je fais évoluer mon projet en fonction du moment. ». En usant d'éléments contextuels, Dominique Gilliot fait fruit des ambiances, des rencontres et des discussions. 



Tout au long de cette soirée-concert, différents moments de partage avec le public furent envisagés. Guidé vers le troisième et dernier temps-fort de la soirée, le public découvre ou redécouvre le groupe de musique, Shrouded and the Dinner, constitué par plusieurs artistes visuels dont Lina Hentgen, Julien Tiberi et Sylvain Azam. 



Connu pour leur lâcher-prise musical, Shrouded and the Dinner n'a de cesse de contrefaire et de ré-inventer ses propres compositions au gré des concerts. Expériences collectives et transversales, ce concert est également le temps pour leur invité spécial, Ludovic Debeurme, de dessiner en live chaque titre de musique. Dès que le dessin est fini, le groupe peut passer à une autre chanson. La synchronisation entre les deux live, musique et dessin, a permis de créer un univers suspendu et magique entre la note de musique et le coup de crayon.







Marqué par la psychanalyse et l'expression des fantasmes, Ludovic Debeurme traite ces thèmes par un graphisme épuré et un goût profond des jeux de l'enfance. Entre le dessin, les sonorités performées par le groupe et les textes de chaque chanson, le final fut envoutant et intriguant, chaque spectateur ayant fait une traversée des sons, des images, des mots...



Crédit photo : le Point Perché